La pluie battante inondait la cour de l'immeuble. Les éclairs ressemblaient à des coups de poignard que les dieux lancaient sur la Terre comme pour m'achever. L'orage qui s'abattait ainsi sur Paris m'était adressé. L'univers tout entier semblait vouloir me dire : "Ludovic, tu as gâché ta vie. Tu n'as pas respecté le contrat... Les dieux y mettent donc un terme !"

A l'agonie, terré entre les poubelles de l'immeuble, j'avais décidé de ne plus me battre. Enfin, c'est ce que j'aurais bien voulu. Mais je n'avais plus le pouvoir de décider. Celui-ci m'avait été retiré le jour où j'avais passé la pacte. Depuis ce jour, j'étais devenu un pantin qui agissait au bon vouloir du Boss. Le Boss tirait les ficelles. Il tirait les ficelles qui me liaient les mains, les jambes...mon âme.

Depuis que j'avais signé le pacte, la vie était certes plus facile. La vie, oui. Mais ma vie, ma vie n'était plus. A la place, j'étais devenu un zombi qui errait, qui traversait la ville et la vie jusqu'à ce que le Boss me donne un but à suivre.

J'aurais voulu dire stop, tout foutre en l'air. Mais en fait, j'avais déjà tout foutu en l'air le jour où j'avais signé ce maudit pacte. J'avais troqué ma vie minable et terne contre une vie exaltante, facile. J'avais enfin trouvé mon mentor en la personne du Boss. Un jour, je vous raconterais comment je l'ai rencontré.

Mais ce soir, alors que les gouttes de pluie me transperçaient la peau, que l'eau stagnante de la cour me glaçait le sang, je suis envahi de remords. J'aurais voulu revenir en arrière mais je ne le pouvais pas. J'avais empruntait une route dont on ne peut faire marche arrière. Preuve en était cette liste que je garde précieusement sur moi : Alice, Sacha, Jeanne, Gabrielle et Constance. Voilà les noms que comporte la liste.

Ce soir, j'ai rayé le nom d'Alice... Voilà pourquoi je suis là, croupi dans la cour, les mains pleines de sang.